Les Techniques d'allumage PDF Imprimer E-mail

Sommaire

 Archéologie du feu

Techniques traditionnelles

Techniques modernes 

Il existe de nombreuses techniques de production de feu. Les systèmes d'allumages traditionnels se divisent en deux catégories principales :

  • Les procédés par friction, utilisant l'échauffement produit par la friction de deux éléments en bois ;
  • Les procédés par percussion, utilisant les étincelles produites par le choc d'une roche dure telle que le silex et d'un minerai de fer, tel que la marcassite (sulfure de fer).

Les deux techniques modernes les plus répandues, respectivement le briquet et les allumettes, utilisent précisément les mêmes principes.

1. Archéologie du feu
La question de la date à laquelle les humains ont maîtrisé l'usage du feu est encore discuté au sein de la communauté scientifique.
Certains auteurs estiment que dans un premier temps les groupes humains auraient simplement utilisé le feu prélevé lors des incendies provoqués par la foudre ou les éruptions volcaniques. La capacité de produire véritablement du feu serait plus récente.
Certaines méthodes de production de feu remontent donc probablement à l’Âge de la pierre, même si les preuves archéologiques directes ne remontent pas à plus de 9 000 ans  pour les méthodes par friction (grotte de Guitarrero au Pérou).
Les exemples archéologiques de briquets à percussion sont un peu plus nombreux et plus anciens, même si la marcassite présente aussi des problèmes de conservation liés à son oxydation

2. Techniques traditionnelles
 
2.1 Friction
Les techniques de production de feu par friction consistent à utiliser l'échauffement produit par le frottement de deux éléments en bois. Le phénomène d'allumage peut se décomposer en deux temps :

  • altdans un premier temps, la sciure produite par le frottement va s'accumuler près du point de friction. Elle est, à ce stade, carbonisée mais non encore embrasée.
  • dans un deuxième temps, l'augmentation de température au sein de la sciure permet la naissance d'une petite braise de sciure (embrasement par source de chaleur proche).

Cette petite braise de sciure de bois pourra enflammer un combustible fin, comme de la paille, de l'herbe séchée, des feuilles, des aiguilles de conifères sèches ou de l'amadou, à la condition d'un apport suffisant d'oxygène par ventilation buccale ou manuelle. Une fois le combustible primaire embrasé, il est possible d'utiliser du petit bois pour obtenir une flamme importante. Le gros bois sera rajouté après, l'essentiel étant de faire croître le feu progressivement, sans l'épuiser tout de suite sur une bûche qui prendra feu difficilement.
Le frottement peut s'exercer de différentes façons : sciage d'une planchette aménagée avec une autre planchette ou une baguette, friction longitudinale oblique d'une baguette sur un socle à rainure, giration (forage d'une planchette aménagée par une baguette taillée en pointe). Dans ce dernier cas, il est possible de faciliter le mouvement de rotation en utilisant un « arc-à-feu » ou « archet à feu ». L'élément mobile doit pouvoir aller et venir rapidement sans sortir de la cavité aménagée dans le bois fixe. L'arc-à-feu facilite l'obtention du feu. Il a été utilisé chez les Amérindiens, dans l'ancienne Égypte, en Australie… Le principe de l'archet a également été utilisé pour réaliser des outils à percer en contexte préindustriel.
Contrairement à une croyance très répandue, la dureté relative des deux éléments en bois n'est pas importante : en revanche, au moins un des deux éléments en jeu, doit être un bois riche en fibres microscopiques longues produisant une sciure aérée (lierre, laurier, marronnier, noisetier, tilleul, bambou, vergerette du Canada…). Ces bois sont dits auto-allumeurs. La dureté n'intervient que secondairement, dans la facilité à produire la sciure. Des bois plutôt tendres (dureté = 3 en moyenne) seront donc préférés aux bois durs.

2.2 Percussion
altPour qu'il y ait étincelle, il faut percuter tangentiellement un sulfure de fer, comme la pyrite ou la marcassite, à l'aide d'une pierre dure (comme du silex, du quartz, du granite ou même un autre nodule de sulfure de fer). Les particules de soufre arrachées au sulfure de fer s'oxydent immédiatement dans l'air (réaction d'oxydation exothermique) générant des étincelles particulaires, incandescentes et chaudes, dont la durée de vie est suffisamment longue pour qu'on puisse les récupérer sur une matière combustible fine.
Le choc de deux silex ne permet pas d'allumer un feu car les étincelles produites sont d'une part, trop froides, et d'autre part, non particulaires et pas suffisamment stables pour pouvoir être captées (simple phénomène de triboluminescence, comparable aux étincelles que l'on peut produire en frottant deux morceaux de sucre dans l'obscurité).
Les étincelles obtenues de cette manière doivent être immédiatement réceptionnées sur un combustible comme par exemple du linge carbonisé, des feuilles sèches et fines préalablement carbonisées, des champignons inflammables comme l'amadou ou certaines moelles de végétaux. Ce combustible primaire, qui transforme l'étincelle reçue en braise, est nommé initiateur. L'initiateur doit ensuite être placé dans une matière végétale fine (foin, aiguilles de conifères…) pour générer une flamme après ventilation.

3. Techniques modernes

3.1 La loupe
L’utilisation d’une loupe, d’un miroir concave ou d’un ensemble de miroirs permet de concentrer la lumière solaire en un point situé sur un combustible et d’y allumer un feu. Pour faire un feu avec une loupe, il faut faire varier la hauteur de la loupe afin de concentrer les rayons du Soleil en un seul point (le point focal image).

3.2 Le briquet pneumatique
Le briquet à piston ou briquet pneumatique est un dispositif d'allumage du feu qui se base sur l'augmentation de la température qui se produit lorsqu'un gaz est rapidement comprimé. C'est ce même phénomène qui permet l'ignition du mélange air gasoil dans un moteur Diesel. Le briquet pneumatique se compose d'un corps cylindrique dans lequel peut coulisser un piston garni d'amadou en son extrémité. Lorsque qu'on frappe sur le piston, l'air est comprimé, sa température s'élève et l'amadou s'embrase.

3.3 Les Allumettes
L'invention des allumettes actuelles date du XIXe siècle, mais le mot « allumette » altdate des environs de l'an 1200. Il désignait alors une petite bûche destinée à faire prendre le feu.
À partir du XVIe siècle, une allumette est un petit bâtonnet enduit de soufre à une extrémité. Cela permet de produire une flamme rapidement avec un petit morceau d'amadou incandescent. Ainsi, les allumettes actuelles qui permettent d'obtenir une flamme en un seul geste ont été appelées « allumettes chimiques » au XIXe siècle quand elles sont apparues, par opposition avec les allumettes soufrées qui existaient déjà depuis longtemps.

3.4 Le Briquet
altL'allumoir est un ancêtre du briquet. Ce dernier contient une réserve de combustible sous forme de gaz, qui permet de maintenir une flamme une fois que des étincelles ont été fournies par la pierre à briquet.




3.5 L'Arc électrique

Un arc électrique peut être utilisé pour enflammer un gaz inflammable, tel que le gaz de ville ou le mélange oxy-acétylène employé pour les chalumeaux. Cette technique est utilisée couramment pour allumer les gazinières ou les briquets dits électroniques, l'arc électrique étant produit par un cristal piézoélectrique.


 

 

 

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